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01. févr. 2021

Hans (à gauche) et Daniel Baumgartner: des entrepreneurs engagés pour l’énergie du bois, climatiquement neutre et disponible à l’échelle régionale.

Des réserves de chaleur: approvisionnement assuré grâce aux gros volumes de bois-énergie accessibles en hiver

Energie-bois Suisse : Assurer l’approvisionnement en plaquettes en hiver à l’instar du pionier Hans Baumgartner

(Energie-bois Suisse) L’hiver se présente sous son meilleur jour: une neige abondante et le soleil en montagne invitent aux sorties. Après les plaisirs de la neige, nous aimons nous réchauffer dans nos logements, dont des dizaines de milliers sont douillettement chauffés au bois en Suisse : sous forme de plaquettes, ce bois est brûlé dans des installations automatiques. Les conduites assurent la distribution de la chaleur vers l’habitat, et des entreprises présentes dans les régions garantissent la disponibilité permanente de plaquettes dans les silos.


Hans Baumgartner est un pionnier suisse de l’énergie du bois. Ayant repris en 1983 la société de transport du bois que son grand-père Johann avait fondée en 1935, il avait acquis en 1992 sa première déchiqueteuse mobile capable de transformer en plaquettes des troncs et houppiers entiers. A cette époque, les chauffages aux plaquettes de bois avaient gagné du terrain suite à la crise climatique naissante et à la crainte d’une crise du mazout. Un nombre croissant de communes et particuliers réalisaient que la mise en place de grandes installations de chauffage au bois automatiques permettait de faire un usage efficace du bois de qualité inférieure offert par les forêts en leur possession.

Combiner judicieusement les différentes possibilités
Ce faisant, il faut pourtant maîtriser le défi d’assurer l’approvisionnement en bois-énergie tout au long de l’année. En hiver, les forêts sont souvent inaccessibles aux véhicules pendant des semaines, voire des mois, surtout lorsqu’elles se situent dans des régions fortement enneigées. Les exploitants de grosses centrales de chauffage au bois au sein de réseaux de chaleur doivent garantir une disponibilité permanente du combustible. Pour cela, ils ont recours à diverses stratégies. Combiner judicieusement les différentes possibilités permet d’ailleurs de garantir un maximum de rentabilité à la chaîne d’approvisionnement. Ses éléments essentiels sont les entrepôts de stockage propres aux installations, les dépôts locaux et régionaux permettant d’alimenter plusieurs centrales de chauffage, ainsi que des lieux accessibles toute l’année pour le stockage des troncs (piles de bûches).

Infrastructures aux dimensions aussi modestes que possible
Pour optimiser le coût, on veille à construire des infrastructures fixes aux dimensions aussi modestes que possible. On s’efforce également de minimiser les distances de transport, car la provenance régionale du bois est une caractéristique très demandée. En raison du coût élevé des véhicules et machines nécessaires à la préparation et au transport du bois, ainsi qu’à l’élimination des cendres, leur acquisition n’est pas rentable pour une seule centrale de chauffage. Des entreprises hautement spécialisées se chargent donc de l’ensemble de la chaîne de livraison. Aussi, elles sont de plus en plus nombreuses à assumer l’exploitation et l’entretien des centrales de chauffage et des réseaux de chaleur.

Le bois-énergie reste un produit régional
En 2011, Daniel Baumgartner a repris les rênes de la société H. Baumgartner und Sohn AG, gérée par la famille en quatrième génération. Source de revenu vitale depuis ses débuts, le secteur de l’énergie-bois s’est développé au fil des années. L’entreprise assume aujourd’hui la fourniture contractuelle de plaquettes de bois à environ 25 centrales de chauffage. Son rayon d’activité s’étend sur les cantons d’Argovie, de Zurich, de Schaffhouse, de Thurgovie, de Saint-Gall et des deux Appenzell.

Des hivers plutôt rudes
Les systèmes installés dans l’Appenzellerland doivent faire face à des hivers plutôt rudes. Beaucoup de nuages s’amoncellent au sommet du Säntis, qui est frappé par la foudre près de 400 fois chaque année et qui compte parmi les endroits les plus pluvieux de Suisse, enregistrant environ 2500 mm de précipitations (neige ou pluie) en moyenne par an. L’Appenzellerland fait donc partie des régions les plus pluvieuses et enneigées de Suisse. Il n’est pas rare que 50 centimètres de neige – tombée en très peu de temps – entrave la circulation des véhicules de livraison pendant des journées, voire des semaines. Si ceux-ci sont tous adaptés à une utilisation en hiver et hors route, les forêts en pente et à l’ombre et donc aussi tout le bois empilé le long des routes forestières n’en restent pas moins inaccessibles des semaines durant.

A plein régime pendant deux semaines
Dans les zones préalpines, il est conseillé, voire impératif de renoncer aux travaux dans les forêts profondément enneigées, car chaque étape s’avèrerait laborieuse, dangereuse et très coûteuse. «Dans ces situations, nous sommes contents de savoir que la capacité des silos de stockage propres aux centrales de chauffage permet une exploitation des chaudières à plein régime pendant deux semaines. En alternative, nous pouvons soit accéder aux réserves d’un entrepôt ou d’une aire de stockage régionaux, soit compléter la livraison par du bois procuré d’une région un peu plus éloignée», telles sont, selon Hans Baumgartner, les options ouvertes aux fournisseurs en cas de grosses neiges. A noter que «plus éloignée» ne signifie pas à des centaines de kilomètres et encore moins à l’étranger: «Le bois est une matière produite par la région pour la région», souligne Baumgartner et ajoute qu’il est important d’éviter les trajets à vide par souci de rentabilité et d’écologie. «En plus du bilan climat neutre, le caractère régional forme toujours un argument décisif en faveur de l’énergie du bois», explique-t-il.

Près de la moitié du besoin annuel
Depuis l’acquisition de sa première déchiqueteuse mobile pour la préparation de bois-énergie voici presque trente ans, il n’a jamais vu, dans sa région, la mise hors service d’un chauffage due au manque de plaquettes. Hans Baumgartner résume avec fierté: «Jusqu’ici, personne n’a eu froid parce que nous ne pouvions plus livrer notre bois.» A l’instar de ses compétiteurs, il est mieux placé que jamais et le secteur est capable d’assumer un approvisionnement sûr à tout moment de l’année. C’est ce que garantissent les grosses réserves de bois stockées en forêt qui couvrent près de la moitié du besoin annuel même après que deux tiers de l’hiver se soient écoulés, et qu’on complète en permanence par l’achat de bois fraîchement abattu.


Hans Baumgartner : « Nous transformons 43 000 mètres cube de bois chaque année pour produire 120 000 mètres cube de plaquettes »

Energie-bois Suisse: Qu’est-ce qui vous motive à vous engager pour l’utilisation du bois-énergie?
Hans Baumgartner: C’est un privilège de pouvoir s’investir corps et âme pour une si bonne cause. Elle englobe l’exploitation d’une énergie renouvelable, l’atteinte des objectifs climatiques, l’abandon du mazout et du gaz, l’établissement d’un approvisionnement énergétique indépendant et sûr, une création de valeur importante au niveau local et régional, ainsi qu’une contribution importante à la gestion forestière et à la sylviculture durables.

Combien de bois votre société transforme-t-elle chaque année?
Actuellement, nous transformons environ 43 000 mètres cube de bois chaque année pour produire environ 120 000 mètres cube de plaquettes… avec une tendance à la hausse. Pour beaucoup de propriétaires forestiers, nous sommes donc un débouché sûr qui leur permet d’écouler leur bois de qualité inférieure à un prix honnête.

De quelles infrastructures disposez-vous?
Notre parc de véhicules moderne répond à la norme Euro 6 en matière d’émission de gaz d’échappement. Il inclut actuellement quatre déchiqueteuses mobiles, quatre semi-remorques de 78 mètres cube chacune et quatre camions à cinq essieux d’une capacité de chargement de 65 mètres cubes chacun. Plusieurs véhicules plus petits sont à disposition en cas de demandes spéciales.

Quels sont vos points forts en cas d’un phénomène météorolgique extrême, lorsqu’une région ne peut plus accéder à son bois?
La taille de notre rayon d’activité est notre grand atout. Il y a toujours des endroits avec du bois-énergie qui sont facilement accessibles pour nous. Notre souplesse permet d’économiser des sommes considérables, car nous n’avons besoin que de quelques entrepôts de petite taille. Souvent, il est possible de renoncer à construire de nouveaux silos, car nous pouvons recourir à d’autres réserves.

Pouvez-vous nous décrire un exemple particulièrement impressionnant de votre travail en hiver?
Au mois de janvier 2021, nous avons effectué des travaux de déchiquetage dans le cadre d’une coupe par câble-grue mobile au Weissbachtal/Kronberg dans (Appenzell), et ce sous des conditions hivernales extrêmement difficiles. Ces travaux étaient nécessaires afin que l’exploitant forestier ait assez de place pour poursuivre l’entretien urgent et important de la forêt de protection. Les plaquettes ont été enlevées par un camion de petite taille, capable de négocier les routes étroites et enneigées.

Texte, interview et images : Christoph Rutschmann sur mandat d’Energie-bois Suisse

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