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08. mars 2021

Le CO2 provenant de la combustion du bois fait partie du cycle du carbone à court terme. Le carbone émis était auparavant absorbé par l'atmosphère et est réabsorbé par la croissance des arbres dans la forêt. Image : Energie-bois

Les produits forestiers évitent les émissions de CO2 fossile en remplaçant des produits à forte empreinte de CO2 comme les combustibles fossiles, le ci-ment, l'acier ou les plastiques et produits chimiques à base de pétrole. Image : Energie-bois

Energie-bois Suisse : Abandonner l'utilisation du bois ? Avons-nous vraiment besoin du bois-énergie ?

(Energie-bois Suisse) Avec une régularité regrettable, l'utilisation du bois comme source d'énergie ou plus précisément du bois-énergie, est remise en question. L'exemple le plus récent est une lettre ouverte adressée par 500 scientifiques à l'Union européenne, aux États-Unis, au Japon et à d'autres pays pour leur demander d'abandonner la combustion du bois.

Pour la Suisse, la lettre déforme la pratique forestière et assimile l'utilisation du bois-énergie à la surexploitation des forêts, à la déforestation permanente et à la "destruction des arbres". A tort !

Le bois-énergie est-il renouvelable ?
L'utilisation du bois-énergie fait partie intégrante de la sylviculture qui répond à la demande croissante d'énergie renouvelable. Les opposants ignorent l'existence d'une gestion durable des forêts, qui est une réalité en Suisse depuis plus de 150 ans et où le bois-énergie est produit et utilisé de manière responsable et durable. C'est ce que garantit déjà notre loi très stricte sur les forêts. Aujourd'hui, la combustion est le moyen le plus courant de transformer le bois en énergie. Ce fait peut évoquer l'image épouvantable d' "arbres et de forêts en feu" chez le lecteur ordinaire et le scientifique qui ne sont pas familiers avec la sylviculture. Mais la réalité est tout autre ! Il va de soi que l'utilisation du bois doit respecter les limites assurant la durabilité et implique une protection contre la surexploitation.

De nombreux pays ont des principes similaires dans leurs lois sur les forêts et la sylviculture. Le bois de la forêt est une ressource renouvelable si toutes les fonctions de la forêt sont maintenues. Cela comprend la protection des zones à forte biodiversité et une gestion qui assure la régénération après la récolte, garantissant ainsi que la forêt gérée continue de convertir le CO2 atmosphérique en bois. Une augmentation de la demande de bois-énergie et d'autres produits forestiers peut même créer des incitations à une meilleure gestion des forêts, conduisant à des systèmes forestiers plus sains. La gestion des forêts réduit également, de manière générale, le risque de perte des stocks de carbone due aux incendies de forêt, aux maladies et aux calamités causées par les coléoptères, qui sont de plus en plus fréquents dans le contexte du changement climatique.

Avons-nous vraiment besoin du bois-énergie ?
La mesure la plus importante pour endiguer le changement climatique consiste à transformer les systèmes énergétiques et de transport aussi rapidement que possible afin de maintenir le carbone fossile dans le sol. L'énergie renouvelable du bois est immédiatement disponible et compatible avec l'infrastructure énergétique existante, de sorte que le charbon, le gaz naturel ou le mazout peuvent être remplacés immédiatement. Le bois énergie peut donc jouer un rôle important en soutenant la transformation du système énergétique vers la neutralité carbone. Elle peut notamment soutenir le développement de sources d'énergies renouvelables saison-nières ou intermittentes, comme les énergies solaire ou éolienne.

Le CO2 du bois-énergie
Le CO2 provenant de la combustion du bois fait partie du cycle du carbone à court terme. Le carbone émis était auparavant absorbé par l'atmosphère et est réabsorbé par la croissance des arbres dans la forêt. Tant que la récolte ne dépasse pas l'absorption de carbone dans la forêt, les concentrations atmosphériques de - CO2 ne sont pas augmentées. En revanche, l'utilisation de combustibles fossiles entraîne un flux linéaire de carbone des réservoirs géologiques vers l'atmosphère. La simple comparaison des émissions de CO2 à la cheminée ne tient pas compte de cette différence fondamentale entre le carbone biogène et le carbone fos-sile. Le point crucial à comprendre est que l'utilisation croissante de bois-énergie ne conduit pas à une réduction systématique de la quantité de carbone stockée dans les forêts. En Suisse, l'utilisation du bois énergie a augmenté de plus de 60 % depuis 1990, et le stock total moyen par hectare est passé de 336 m3 à 374 m3 entre 1985 et 2013.

Exploitation des forêts ?
Les critiques donnent l'impression que des forêts entières sont exploitées pour produire de l'énergie à partir du bois. Toutefois, cela ne reflète pas les pratiques forestières, en particulier en Europe, où les forêts sont gérées de manière à fournir toute la gamme des produits du bois (bois d'œuvre, bois pour papier, bois d'industrie, bois-énergie et d'autres produits basés sur la biomasse ligneuse). Tous ces produits forestiers réunis évitent les émissions de CO2 fossile en remplaçant des produits à forte empreinte de CO2 comme les combustibles fossiles, le ci-ment, l'acier ou les plastiques et produits chimiques à base de pétrole. Actuellement, environ 90 % de la consommation mondiale de chaleur industrielle renouvelable est basée sur la bio-masse ligneuse, principalement dans les industries qui peuvent utiliser leurs propres résidus (scieries, industrie de la pâte et du papier). En passant des combustibles fossiles à la bio-masse ligneuse, ces industries peuvent éviter les émissions de carbone fossile. Ils sont donc tributaires d'un marché attrayant pour le bois-énergie.

Utiliser ou ne pas utiliser le bois ?
Les arbres sont des réservoirs de CO2. L'abattage des arbres est donc mauvais pour la protection du climat. Cette logique apparente ne va pas assez loin ! En particulier, elle néglige le fait que les arbres ne vivent pas éternellement, mais finissent par mourir, pourrir et libérer du méthane et du dioxyde de carbone nuisibles au climat. Utiliser le bois, pour la construction ou produire de l'énergie signifie donc d'une part "externaliser" le stockage du CO2 de la forêt et prolonger la période de stockage, et d'autre part, cela permet également de substituer des énergies fossiles. Si le bois n'est pas utilisé, aucune substitution n'est possible et une source supplémentaire de CO2 est créée pour l'avenir. Le bois utilisé à des fins énergétiques n'est pas du bois de qualité supérieure, mais comprend typiquement des produits de la gestion forestière, du bois de qualité inférieure provenant de tempêtes et d'attaques de coléoptères, des résidus de récolte, etc. L'effet le plus important sur le climat est obtenu lorsque les trois types d'utilisation sont combinés : gestion des puits de carbone dans la forêt, consommation de bois et combustion du bois. C'est ce qu'on appelle l'utilisation en cascade, un principe aussi profondément ancré en Suisse que celui de la durabilité.

Texte : Energie-bois Suisse

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